L’esprit de Noël commence dans notre assiette – tribune de Vahina Giocante

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L’esprit de Noël commence dans notre assiette

Par Vahina Giocante

 

Un bouchon de champagne saute dans la cuisine, suivi du tintement de verres et d’exclamations de « Joyeux Noël » retentissant gaiement. Vous étendez la main sous la table pour caresser la tête de votre chien et de l’autre main, vous plantez votre fourchette dans un morceau de jambon, le goûtant à peine. Vous souriez plutôt à la vue de votre chien, l’air si mignon dans son nouveau manteau festif. Ce tableau peut sembler innocent, réconfortant même, mais il s’agit en fait d’un portrait illustrant une grave injustice et une hypocrisie qui, bien qu’ayant cours toute l’année, sont encore plus prononcées au moment des fêtes. En effet, en cette saison où est censée régner la compassion, la joie et l’empathie, le fait que nous gâtions certains animaux (les chats et chiens qui partagent nos foyers) tout en couvrant nos tables des Fêtes des cadavres d’autres animaux, qui avaient chacun une personnalité tout aussi distincte que Félix ou Médor.

Ce favoritisme n’est souvent pas conscient, mais est plutôt dû au conditionnement social qui nous entoure depuis notre plus jeune âge, et qui nous a appris que consommer certaines espèces serait soi-disant acceptable, tandis que d’autre espèces méritent notre amour et notre protection.

Pour commencer à examiner de manière critique notre tendance au spécisme (le mode de pensée qui postule une hiérarchie illogique et néfaste entre les espèces), considérons la colombe : un symbole de paix que l’on retrouve sur de nombreuses cartes de vœux, mais qui n’est pas bien différent des dindes qui finiront sur notre table du Réveillon. Bien que partageant le désir de vivre de la colombe et étant tout aussi sensible et capable de ressentir la douleur et la joie, les dindes (qui peuvent se montrer joueuses et sociables) souffrent terriblement de leur naissance à leur mort, seulement cinq mois plus tard. Leurs cadavres sont ensuite débarrassés de leurs entrailles et farcies… imaginez faire ça à une blanche colombe ?

Ou pensons aux cochons. Certaines études ont trouvé que ces animaux sont en moyenne plus intelligents qu’un enfant de trois ans. Ils peuvent – tout comme les chiens – apprendre leurs noms, et remuer la queue lorsqu’ils sont heureux et ils aiment jouer et se faire gratter le ventre. Contrairement aux chiens, cependant, ces doux êtres sont élevés par milliards dans des conditions sales et exiguës avant de se faire trancher la gorge, afin que des parties de leur corps puissent servir de pièce maîtresse symbolisant tout sauf la joie des fêtes.

Ce ne sont pas que les dindes et les cochons. Le foie gras qui sert d’entrée est l’organe malade d’un oiseau qui a été gavé de force de manière violente et terrifiante, plusieurs fois par jour jusqu’à ne plus pouvoir se déplacer et même respirer sans difficulté. Les tranches de saumon fumé sur la table sont la chair d’un individu qui a soit été élevé dans des conditions surpeuplées et insalubres où régnait maladie et agressivité, soit pêché dans son habitat naturel où il aurait pu continuer de vivre une vie qui avait pour lui de la valeur. Les animaux tiennent à leur vie tout comme les chiens et chats qui partagent nos foyers, et tout comme nous. Ils sont des individus, pas des ingrédients.

Violenter et massacrer des dizaines de milliers d’animaux – qui ne sont pour la plupart que de simples bébés qui ont passé la totalité de leur courte vie à languir dans des conditions sordides – est le contraire de l’esprit de paix, de partage, de générosité et de compassion des fêtes de fin d’année.

Si, comme beaucoup de personnes aujourd’hui, vous vous éveillez au besoin de plus en plus criant d’aligner vos actions sur vos valeurs, Noël est un moment merveilleux pour commencer. Laissez-vous inspirer dans vos choix de consommation par votre cœur, pas par des publicités. Adoptez dès maintenant un mode de vie plus éthique, plus juste et plus empli de compassion pour tous en couvrant votre table des fêtes de délicieux mets végans et en offrant des cadeaux à vos proches qui n’ont pas fait souffrir les animaux.

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Pour agir pour les animaux en 2020, retrouvez toutes nos campagnes en cours ici.

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