Des animaux intoxiqués dans un incendie, réanimés par les pompiers !

Cet article a été publié à l'original sur ce site

cet article a été publié à l'original en provenance de ce site

Un effroyable brasier ! Lorsque leur appartement de Vallauris-Golfe-Juan (06) a pris feu en fin de journée (5/09/2020), les habitants, heureusement tous sortis indemnes, ont immédiatement appelé le 18. Arrivée sur place quelques minutes plus tard, une équipe de 25 pompiers du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 06) est parvenue à inspecter les lieux, repérant la présence de deux animaux à l’intérieur du logement. Les soldats du feu ont alors, sans hésitation, bravé le danger pour leur porter assistance. Un chihuahua et un chat ont ainsi été extraits des flammes, en vie, mais dans un état de santé préoccupant.

Un réflexe salvateur

 

Vies humaines ou vies animales, notre priorité est la même : porter secours.
Capitaine Augier, SDIS 06

Intoxiqués par la fumée, le chien et le félin, couverts de suie, se trouvaient dans un état critique. « Ces deux animaux étaient en détresse respiratoire aiguë », confirme à 30millionsdamis.fr le Capitaine Stéphane Augier, conseiller technique en sauvetage animalier, qui a coordonné à distance l’action de ses collègues. Les pompiers présents, accompagnés d’une infirmière, ont pris ensemble la décision d’oxygéner les animaux… à l’aide du matériel destiné aux humains. « C’est ce réflexe qui a permis de leur sauver la vie, estime le Capitaine. Mes collègues sur le terrain ont pris cette décision avant même que nous soyons mis en contact, dans l’urgence de la situation : le mérite leur revient entièrement. »

Formés à pouvoir adapter la dose d’oxygène, le volume administré et la pression en fonction du poids de la victime à soigner (ce qui leur permet habituellement de réanimer des nourrissons), les soldats du feu ont parfaitement su appliquer leurs compétences aux victimes animales de l’incendie. « Le chien était si mal en point que je n’étais pas sûr qu’il passerait la nuit, se souvient le Lieutenant 1ère classe Jacques Lavezac, adjoint en chef du centre de secours de Valbonne-Sophia Antipolis et commandant des opérations le soir de l’incendie. Malgré l’état de choc, le chien et le chat se sont laissé faire lorsque nous les avons pris dans les bras pour leur poser les masques. »

« Une clinique vétérinaire se situait à 5 minutes de route du lieu de l’intervention, précise le Capitaine Augier. L’état des animaux étant stabilisé grâce à la ventilation, je n’avais plus qu’une chose à conseiller à l’équipe : foncez ! » Transportés à la clinique vétérinaire des Clausonnes, les animaux ont continué à recevoir des soins, sous la surveillance étroite des professionnels de santé. « Amener les animaux directement à la clinique vétérinaire constituait un gain de temps précieux, confirme le lieutenant Lavezac. Dans ce genre de situation, chaque minute compte. »

Sauver des vies, quelles qu’elles soient

 

Nous avons toujours 2 pompiers spécialisés prêts à intervenir, 24/24h.
Capitaine Augier, SDIS 06

Après avoir frôlé la mort, Mimi, le chihuahua, et Babouche, le chat européen, sont désormais hors de danger ! « Les animaux vont bien, le chat est sorti [de la clinique] et le chien est sortant, confirme le Dr Dalmont, contacté par 30millionsdamis.fr. [Il n’y a] pas d’atteinte majeure respiratoire. » Les rescapés devront néanmoins poursuivre leur traitement émonctoire [visant à éliminer les toxines de leur corps, NDLR] avant d’être définitivement rétablis. Un miracle qui repose sur le courage des pompiers, mais également sur leur motivation sans faille à sauver des vies… quelles qu’elles soient ! « Vies humaines ou vies animales, notre priorité est la même : porter secours », confie le Capitaine Augier.

Plusieurs dizaines de fois par an, dans les Alpes-Maritimes comme ailleurs en France, des animaux ont, eux aussi, besoin du secours des pompiers. C’est pourquoi le département s’est doté, dès 2008, d’un Groupe de sauvetage Animalier (GSA) afin d’être en capacité de secourir ces victimes aux besoins particuliers. « Je dirige une équipe de 26 sapeurs-pompiers spécialisés, explique le Capitaine Augier, responsable du GSA des Alpes-Maritimes. Avec un vétérinaire de permanence, nous avons toujours un véhicule et 2 pompiers prêts à intervenir n’importe-où sur le territoire, 24 heures sur 24. » Si les spécialistes n’ont pas eu besoin de se déplacer à Vallauris, du fait des réflexes salvateurs des pompiers et de la proximité de la clinique, cette équipe hors-norme mène chaque année une centaine d’interventions.

Une action indispensable

« Il y a deux semaines, à Menton (06), nous avons déployé la grande échelle pour porter secours à un Bouledogue français réfugié sur le toit de sa maison », témoigne ainsi le Capitaine Augier. Des Groupes de Sauvetage Animalier (GSA) existent aussi dans d’autres départements, notamment en Charente, l’un des plus récents, ou encore, parmi les pionniers, celui des Yvelines. Leur action s’avère d’autant plus indispensable que les sapeurs-pompiers sur-place ne disposent pas toujours du matériel adéquat pour soigner un animal blessé, de même que pour la capture d’espèces exotiques. Des cas qui requièrent parfois également l’intervention d’ONG de protection animale, telles que la Fondation 30 Millions d’Amis, en appui des autorités.

Les pompiers ont oxygéné les animaux à l’aide du matériel destiné aux nourrissons. ©SDIS 06

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.