« Bien-être animal » : de « grandes mesures » très décevantes

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Le ministre de l’Agriculture, M. Didier Guillaume, promettait depuis l’année dernière de « grandes mesures » en terme de bien-être animal. Ces décisions ont enfin été dévoilées ce matin lors de la conférence de presse sur les mesures pour la protection et l’amélioration du bien-être animal – et se révèlent trop peu ambitieuses. La population française est de plus en plus soucieuse de la cause animale, et bien qu’allant dans le bon sens, ces mesures sont très insuffisantes et n’épargnerons pas aux animaux élevés pour la consommation les souffrances quotidiennes et la mise à mort violente qui leur sont réservées.

La fin du broyage des poussins réaffirmée pour 2021

Le broyage des poussins prendra fin en 2021 – c’est l’annonce qui avait été faite par le ministre de l’Agriculture le 30 octobre dernier, et qui vient d’être réaffirmée. Le broyage est une des pratiques utilisées pour se débarrasser des poussins malades, difformes, de « mauvaise qualité » ou nés mâles – c’est-à-dire jugés inutiles par l’industrie des œufs car ils ne pondent pas. Les femelles quant à elles sont vendues en tant que futures poules pondeuses et subiront la même vie misérable que leurs mères. Malheureusement, d’autres moyens de mise à mort des poussins existent – comme le gazage et l’étouffement – et rien n’a été précisé à leur sujet.

Une méthode alternative existe cependant, mais elle reste couteuse : le sexage dans l’œuf – un procédé développé en Allemagne qui permet de ne mener à l’éclosion que les poussins femelles, mais n’épargnera pas la souffrance de ces dernières : l’appétit des humains pour les œufs de poules a pour conséquence l’enfermement de millions de ces oiseaux qui passeront leur vie entière dans des cages exiguës où ils ne pourront jamais déployer leurs ailes, respirer l’air frais ou sentir les rayons du soleil sur leur dos. La solution la plus éthique est de ne pas consommer d’œufs.

Les porcelets continueront à être castrés à vif pendant plus d’un an

Interdite dans plusieurs pays européens, la castration à vif des porcelets concerne environ 85% des cochons mâles français. C’est aujourd’hui au tour de la France de mettre fin à cette opération cruelle qui sera interdite… fin 2021. Pratiquée sans anesthésie sur des animaux âgés de moins de 7 jours, elle a pour but d’éviter que ne se développe une odeur désagréable lors de la cuisson, provoquée par certaines hormones sexuelles mâles. La castration ne sera pas interdite mais devra dans le futur être faite avec anesthésie.

Des millions de porcelets vont donc continuer à être douloureusement mutilés pendant encore plus d’un an. En outre, que les cochons soient castrés ou non, avec anesthésie ou non, cela ne changera rien aux autres souffrances qu’ils endurent dans les élevages. En France, 95% des cochons sont enfermés dans des élevages intensifs, où ils ne fouleront jamais le sol mais vivront sur des caillebotis dans une promiscuité insalubre, avant de connaitre une mort terrifiante à l’abattoir.

Des mesures timides pour éviter les abandons

© iStock.com/Pekic

Plus de 100 000 animaux de compagnie sont abandonnés chaque année en France. Face à ce triste record européen le gouvernement avait annoncé vouloir prendre des mesures pour endiguer le phénomène. Les conclusions de la mission parlementaire sur les abandons d’animaux de compagnie ne seront pas connues avant le milieu de l’année, mais certaines mesures ont déjà été annoncées.

Le gouvernement souhaite sanctionner les propriétaires de chats non identifiés (puces ou tatouages) par une amende – ce qui existe actuellement pour les chiens – afin de lutter contre l’abandon. Cette mesure était plus que nécessaire, cependant rien n’a été précisé concernant la mise en œuvre des contrôles. Nous regrettons également que la nécessité de la stérilisation dans la lutte contre l’abandon, afin de limiter le nombre d’animaux cherchant un foyer, n’ait pas été abordée.

Alors que l’abandon, les actes de cruauté et les sévices sur un animal sont seulement punis de 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende, le vol d’un meuble est aujourd’hui puni… de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende ! Il aurait également été nécessaire que le gouvernement prenne la décision de renforcer la répression de ces délits envers les animaux en augmentant les peines – et en les faisant appliquer.

Malheureusement aucune action concernant la vente d’animaux en animalerie n’a été annoncée, alors que les refuges sont pleins d’animaux abandonnés en attente d’un nouveau foyer. La France ferait bien de prendre exemple sur la Californie par exemple, où les animaleries ne peuvent proposer que des animaux issus des refuges.

Le gouvernement a cependant annoncé vouloir mettre fin à la vente non réglementée de chiens et de chats « dans les véhicules » – autrement dit, la vente à la sauvette, qui est déjà punie par la loi. En outre, des lois existent déjà concernant la vente d’animaux, mais qui ne sont pas ou peu respectées et sanctionnées. Depuis le 1er janvier 2016 tout vendeur de chiot ou de chaton qui poste une annonce en ligne doit être inscrit au registre du commerce et disposer d’un numéro Siren (Système d’identification du répertoire des entreprises) auprès de la Chambre d’agriculture, sous peine d’amende. Malheureusement les fraudes sont très nombreuses et ces ventes en ligne encouragent le commerce illégal d’animaux de compagnie. Dans l’impossibilité de faire respecter la loi et empêcher le trafic d’animaux, la France devrait être plus ambitieuse et prendre le problème à la source en interdisant ces annonces en ligne.

Aidez les animaux victimes du spécisme

Bien qu’allant dans le bon sens, ces mesures sont très loin d’effacer toutes les autres souffrances que les animaux exploités pour l’alimentation doivent endurer durant toute leur vie de confinement, ni une mort terrifiante à l’abattoir.

Il est frappant de comparer ici les mesures prises pour les animaux d’élevage, et celles pour les animaux dits de compagnie : tandis que ces derniers sont protégés de la maltraitance par la loi, les premiers sont encore broyés, mutilés, arrachés à leurs mères, inséminés de force, gavés, enfermés, électrocutés, gazés et égorgés, parfois encore conscients, en toute impunité. C’est une illustration criante du spécisme qui imprègne nos relations aux animaux non humains. Les animaux ne sont pas des objets qui nous appartiennent : ils sont des individus avec leurs propres intérêts, ils ressentent des émotions, tout comme nous, et la vie d’un cochon mérite autant de considération que celle d’un chien.

Toute personne souhaitant réellement mettre fin à la souffrance animale peut s’engager à ne jamais acheter un animal (pour privilégier l’adoption en refuge) et à agir à travers ses choix de tous les jours : il suffit d’arrêter de consommer « viande », poissons, lait et œufs ! Vous pouvez commencer dès aujourd’hui en vous inscrivant à notre programme d’emails d’un mois durant lequel nous vous accompagnerons dans la découverte de l’alimentation végétale :

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