Une orque, un dauphin et un ours dépérissent sous le regard des spectateurs

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Morgan, Femke, Raspoutine… bien qu’ils soient membres d’espèces distinctes et soient séparés par des milliers de kilomètres, ces trois animaux souffrent d’une cause commune : leur cruel manque de liberté. Mais ce ne sont que trois des milliers d’êtres sensibles et intelligents qui languissent et meurent dans les parcs marins et les zoos, où ils sont détenus pour le profit.

La semaine dernière, l’agence de voyages britannique Thomas Cook a annoncé sa décision de supprimer de son catalogue les attractions impliquant « des orques en captivité » à la suite d’une campagne sans relâche menée par PETA Royaume-Uni. C’est une excellente nouvelle qui nous rapproche de la fin des cruels parcs marins qui exploitent des êtres sensibles et intelligents. Malheureusement, des individus continuent de souffrir de la captivité dans ces lieux, en France et ailleurs, et il est vital d’agir pour eux.

Un après-midi de soi-disant « divertissement » pour les visiteurs, toute une vie de détention et de détresse pour les animaux prisonniers.

Voici trois individus dont la santé se détériore à vue d’œil, et qui illustrent l’urgence de mettre fin à la captivité :

MORGAN

Il y a plus de huit ans, une jeune femelle orque appelée Morgan a été trouvée amaigrie dans la mer des Wadden au large des côtes néerlandaises. Le delphinarium des Pays-Bas Harderwijk a reçu la permission de capturer Morgan sous condition qu’elle soit relâchée une fois soignée. Bien qu’elle ait été rétablie en quelques mois seulement, le delphinarium ne l’a jamais remise en liberté.

Au lieu d’être réintroduite dans son groupe familial dans la mer de Norvège, elle a été envoyée au Loro Parque en 2011, un parc marin à la mauvaise réputation à Tenerife, où elle languit depuis, confinée dans un bassin d’eau chlorée et contrainte d’exécuter des numéros pour de la nourriture.

L’extrême souffrance de Morgan est confirmée par de nombreux experts, qui ont identifié plusieurs problèmes de santé et des signes de détresse psychologique chez elle et chez les autres orques du Loro Parque. Certaines ont des dents en moins parce qu’elles rongent en permanence les bords de leur bassin.

D’autres ont des blessures causées par des attaques de congénères frustrés et agressifs. Ces animaux intelligents, sociables et d’ordinaire vifs flottent à la surface de l’eau, abattus et apathiques.

En plus d’être retenue dans un bassin pitoyablement petit, privée de ce qui lui est naturel et important et exhibée pour divertir les visiteurs, Morgan est inséminée de force pour tenter de faire naître d’autres orques qui seront à leur tour exploitées et emprisonnées.

Il n’est ainsi pas étonnant qu’elle se frappe fréquemment le front contre la paroi de son bassin. En 2016, elle a fait les gros titres lorsqu’elle s’est volontairement échouée en pleine représentation, restant immobile sur le bord du bassin pendant près de 10 minutes, un comportement hors du commun pour une orque.

Il est grand temps que Morgan soit relâchée pour qu’elle puisse enfin jouir de la vie dont elle a été privée.

FEMKE

Morgan est loin d’être le seul cétacé souffrant dans un delphinarium en France. Une vidéo diffusée cet été montre Femke, l’un des dauphins du parc Astérix, se laissant flotter, amorphe, à la surface de l’eau.

Prisonnière du parc Astérix depuis 2008, Femke a été capturée et arrachée à sa famille en 1984 au large de la Floride, et son état de santé se dégrade de jour en jour depuis lors. Elle a contracté une maladie grave desquelles elle garde des séquelles (un corps déformé et couvert de kystes et de creux) et son aileron dorsal est affaissé. La situation s’est encore empirée en 2016, lorsque son fils lui a été retiré et envoyé dans un autre parc marin. Depuis, Femke paraît se laisser mourir, semblant démoralisée par son triste sort.

©Réseau Cétacés

Près de 15 dauphins sont décédés en 30 ans dans les bassins du mouroir qu’est le parc Astérix. Il est grand temps d’en finir avec cette exploitation archaïque – qui n’a, en outre, aucun rapport avec l’univers d’Uderzo et Goscinny.

Il est vital pour Femke qu’elle soit transférée dans un sanctuaire marin adapté à ses besoins, où elle pourrait vivre en semi-liberté et recevoir des soins dans une zone délimitée de l’océan, idéalement en compagnie de son fils Ekinox, qui, lui, croupit dans une prison aquatique en Grèce.

RASPOUTINE

Il n’y a pas que les cétacés qui souffrent dans les prisons que sont les parcs marins. L’état potentiellement critique de Raspoutine, l’un des deux ours polaires prisonniers du Marineland d’Antibes, a été fortement relayé sur les réseaux cet été.

La vidéo, partagée par l’association C’est Assez montrerait des signes de faiblesse et de mauvaise santé chez l’ours en raison de la chaleur caniculaire. Selon elle on y voit « l’ours en plein soleil sous une température de 23 °C », alors que les températures de plus de 10 °C peuvent provoquer l’hyperthermie chez les ours polaires – et rappelons que le thermomètre a facilement dépassé les 30 °C plus tard dans l’été. Raspoutine « apparaît haletant, la bave à la bouche, fatigué et répétant sans cesse le même va-et-vient ». Les mouvements répétitifs (appelés « stéréotypies ») sont très communs chez les animaux captifs, signes d’une profonde détresse psychologique.

Il n’y a plus aucun doute aujourd’hui : la captivité nuit aux animaux sauvages, et c’est tout particulièrement vrai des ours polaires selon des chercheurs de l’Université d’Oxford. Dans leur milieu naturel au pôle Nord, ces animaux parcourent des milliers de kilomètres, chassent leur nourriture et défendent leur territoire. Par contraste, l’enclos moyen des ours captifs est 1 million de fois plus petit que l’aire naturelle dont ils ont besoin.

Les ours polaires n’ont rien à faire sur la côte d’Azur, et tout comme les orques, dauphins, otaries et autres animaux prisonniers, ne méritent pas d’y être enfermés. Le Marineland d’Antibes doit cesser d’exploiter des animaux intelligents pour le profit et s’engager à transférer ces êtres vers des sanctuaires adaptés.

Agissez pour ces animaux en souffrance

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