Contre-arguments à la lettre d’un maire pro-corrida à Emmanuel Macron

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Dans sa lettre au Président, la première demande de Jean-René Etchegaray concerne l’inscription de la tauromachie au patrimoine culturel immatériel (PCI) français. Le maire de Bayonne (UDI) souhaite que cette dernière soit confirmée en publiant l’inventaire « Corrida » sur leur site. Or cette requête a déjà été rejetée, il y a un an, par le Conseil d’Etat et la tentative de revenir sur cette décision a eu comme conséquence de débouter l’UVTF et l’Observatoire National des Cultures Taurines.

Inscription au patrimoine culturel ? Une demande déjà rejetée

En outre, comme l’explique Roger Lahana, secrétaire fédéral de la Fédération des Luttes pour l’Abolition des Corridas (FLAC) et président de No corrida, « dans sa demande, [J.-R. Etchegarray] réclame que soit  « publiée la fiche d’inventaire » dont la disparition « serait la cause de la radiation de la corrida en 2016 à la liste de l’Unesco ». Même si la fiche réapparaissait par magie, ce n’est pas pour cela que la décision de la Cours administrative d’appel de Paris serait cassée (seul le Conseil d’Etat en a le pouvoir), ni que la tauromachie se retrouverait aussitôt à l’UNESCO ».

Un taux de TVA réduit pour la corrida ? Bercy dit non !

Le deuxième point de cette missive concerne la prise en compte par le Ministère de la Culture et celui de l’Économie du statut de « spectacle vivant » applicable à la Tauromachie. 

Ce point pourrait être motivé par des considérations fiscales inavouées. « La seule vraie demande est, comme c’est le cas depuis plus de 20 ans, de faire bénéficier à la corrida d’une TVA réduite parce que sinon, c’est le plongeon financier assuré. Mais sur ce sujet-là, Bercy est clair et se répète depuis 2011 : c’est non ! » rappelle R. Lahana de la FLAC.

La question taurine dans les écoles ? Présence des associations anti-corrida requise

 

Il n’est pas dans le rôle de l’Education nationale de promouvoir de la corrida auprès des enfants. D. Teillet 

Le maire de Bayonne souhaite également avoir « confirmation » par le Ministère de l’Éducation nationale de la possibilité, pour les professeurs qui le souhaitent, d’aborder la question « taurine » sous son angle culturel et sans esprit prosélyte, dans le cadre des circulaires existantes.

A la suite d’un entretien, en 2008, avec la présidente d’Alliance Anticorrida, David Teillet (à l’époque directeur de cabinet de Xavier Darcos à l’Education) adresse une circulaire à Monsieur Nique, recteur de l’Académie de Montpellier dans laquelle il explique qu’en dehors du temps scolaire les activités de découverte sur la question « taurine » sous son angle culturel sont autorisées mais qu’ « il n’est pas en revanche dans le rôle de l’Education nationale d’assurer la promotion de la corrida auprès des enfants ». Il demande alors au rectorat « d’ assurer que les opérations menées dans les établissements scolaires autour de la corrida soient exemptées de tout prosélytisme et qu’elles puissent réunir les différentes associations œuvrant dans ce champ », ce qui inclue les associations anti-corrida.

Corrida : 75% des habitants des régions taurines sont contre 

Rappelons que d’après un sondage réalisé par IFOP et Alliance anticorrida en 2016, 75% des habitants des régions taurines sont contre ce « spectacle » avec mise à mort ; déjà en 2015, 7 français sur 10 se prononçaient contre.

Or, comme le rappelle Thierry Hely de la FLAC sur le site de RMC : « Avant les élections législatives, il y a eu sept propositions de lois pour l’abolition de la corrida déposées à l’Assemblée nationale. Aucune n’a été débattue. Même pas une question d’actualité. Rien du tout. »

Nouvel espoir pour un débat politique ?

Pour autant, la nouvelle mandature pourrait offrir de nouveaux espoirs aux anti-taurins. Au sein même du gouvernement, Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique, lui-même opposé à la corrida à titre personnel, a précisé qu’il allait rouvrir « ce débat culturel, régional et identitaire » (23/06/17). Depuis, un autre allié de poids à la cause animale a été élu président de l’Assemblée nationale : François de Rugy fut le premier signataire de deux projets de loi portés par Laurence Abeille, pour l’abolition de la corrida et en faveur de l’interdiction des arènes aux moins de 14 ans. 

La Fondation 30 Millions d’Amis espère que, cette fois-ci, les débats seront ouverts, a minima !

Signez la pétition pour l’abolition définitive de la corrida en France.

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