André-Joseph Bouglione : « Certains cirques m’ont menacé de mort »

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Son annonce a fait l’effet d’une bombe. En déclarant officiellement à 30millionsdamis.fr qu’il faisait le choix de ne plus jamais utiliser d’animaux pour ses spectacles, André-Joseph Bouglione a dû faire face à des réactions extrêmes : celle de milliers de Français qui le félicitent pour son acte courageux et qui promettent de retourner au cirque, et celle du monde du cirque qui tente de le discréditer, parfois avec violence. « J’ai reçu des milliers de messages positifs sur ma démarche, ce qui me conforte dans mon idée. Mais j’ai aussi été menacé de mort par certains et j’ai dû mettre ma famille en sécurité » avoue-t-il.

Un provocateur force de propositions

Il a pourtant souhaité s’exprimer de nouveau et choisi 30millionsdamis.fr pour révéler son projet : « Il fallait que je mette un coup de pied dans la fourmilière pour que la profession réagisse. Mais après avoir été provocateur, je dois aujourd’hui faire preuve de pédagogie. Je ne cherche pas à vaincre mais à convaincre » explique-t-il.

 

Je ne cherche pas à vaincre mais à convaincre.

Son idée ? « Proposer un nouveau modèle dans l’intérêt des villes, des cirques et dans l’intérêt supérieur des animaux » en créant une « base nationale qui rassemble tous les cirques de France, villes, DRAC (Direction régionale de l’action culturelle) et associations de protection animale » en collaboration avec les municipalités. Co-initiatrice de ce projet, la ville de Villeneuve-Loubet (06) qui s’est récemment opposée à la venue du cirque Muller sur sa commune.

Cette « fédération » souhaitée par le circassien aura pour but de répertorier tous les cirques de France, puis de négocier leur installation au sein de villes qui peuvent les accueillir. Ainsi, les cirques auront un programme de tournée fixé bien en amont pour les 2 ans à venir, ce qui mettra fin à l’insécurité financière qui pousse certains à s’installer sans autorisation.

André-Joseph Bouglione.

Un intérêt à protéger les animaux

Pour André-Joseph Bouglione, ce projet permettra à terme une transition des cirques traditionnels vers des cirques sans animaux : « la présence d’animaux dans les cirques, c’est le nœud du problème. L’argument de ceux qui veulent les conserver est financier : même si on n’a pas d’autorisation d’installation, on peut avoir un minimum de public grâce aux animaux ». Un pôle « cause animale » sera donc constitué avec les associations de protection animale, les directions des services vétérinaires et le ministère de l’Environnement. « Il faut que tout le monde trouve son intérêt à protéger les animaux » indique-t-il. Les cirques qui s’engageront à arrêter les animaux seront favorisés par la fédération. Des contraintes seront en revanche imposées à ceux qui les gardent.

Cette fédération aura également d’autres missions : assurer la promotion et la communication de chaque cirque, créer un centre d’emplois pour mettre en relation salariés et dirigeants de cirques ou encore proposer des solutions d’éducation nomade aux enfants.

Le cirque sans animaux, un nouveau modèle

 

Si on s’obstine, on s’oriente vers une mort honteuse du cirque.

« Les professionnels ont l’idée qu’un cirque sans animaux ne peut subsister. Mais c’est la présence même d’animaux qui tire notre industrie vers le bas. Il y a 14 millions de spectateurs du cirque traditionnel. Ce qui fait que nous tournons le dos à 48 millions de Français qui aiment le cirque mais qui, en leur âme et conscience, ne supportent plus d’y aller. Les véritables anti-cirque, ce sont les cirques animaliers eux-mêmes. C’est là le paradoxe ! ».

Pour André-Joseph Bouglione, un autre modèle est possible. Un modèle qui soit davantage en accord avec la société moderne. « Le cirque a pris la voie malsaine d’une idée obsolète. Si on s’obstine, on s’oriente vers une mort honteuse du cirque, avec une législation qui nous criminalisera d’ici peu », conclut-il.

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