Abattoir du Vigan : un jugement inédit

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C’est une première. Dans le procès très attendu de l’abattoir du Vigan, après les révélations des terribles conditions d’abattage des animaux en février 2016, la justice a prononcé pour la première fois une peine pour « sévices graves » contre un employé (28/04/2017).
 
Trois personnes physiques comparaissaient devant le Tribunal Correctionnel d’Alès (30) pour « mauvais traitements » et l’une pour « sévices graves et actes de cruauté » (23/03/2017).
La communauté de communes du Pays Viganais, qui est responsable de l’abattoir, répondait en tant que personne morale devant la justice notamment pour « abattage ou mise à mort d’un animal sans précaution pour lui éviter de souffrir » et la défaillance du matériel.

Interdiction d’exercer pendant 5 ans

Le prévenu poursuivi pour « sévices graves » a été condamné à 8 mois de prison avec sursis et 600 euros d’amende. Une interdiction durant 5 ans d’exercer une activité professionnelle dans un abattoir a également été prononcée. « Pour un primo-condamné, c’est une décision conforme à la jurisprudence. » déclare maître Eva Souplet, avocate de la Fondation 30 Millions d’Amis.
 
Pour les deux autres co-prévenus, également employés de l’établissement, « le tribunal a considéré que ces contraventions étaient prescrites. A l’époque des faits, la prescription pour les contraventions étaient d’un an. Il n’a pas été démontré avec certitude que les vidéos dataient précisément de moins d’un an » indique notre avocate.
 
La communauté de communes du Pays viganais, qui gérait l’abattoir, a été condamnée à 3 750 euros d’amende.
 
La Fondation 30 Millions d’Amis souligne le caractère inédit du fait qu’un employé soit condamné pour sévices graves.

« On a été filmés, on n’a pas eu de chance »

La vidéo montrait clairement des employés maltraiter les animaux. Notamment l’un d’entre eux qui les projetait violemment contre des barrières ou les frappait à coups de poing. Il « s’amusait » aussi à électrocuter plusieurs fois des moutons par jeu et ne s’en cachait pas lors des auditions préliminaires : « Sur ce coup-là, j’admets que je me suis amusé avec cette bête. […] c’est juste parce que sur l’instant cela m’amuse […] et en plus je vois que ça fait rire mon collègue.». A l’audience, le prévenu regrette : « On a été filmés ce jour-là, on n’a pas eu de chance. »
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